A propos de la crise, le CPPJ prend position
DECLARATION SANCTIONNANT LES ASSISES NATIONALES DE
DU 15 AU 16 MARS A YAOUNDE.
A l’initiative du Conseil Patriotique et Populaire de
A l’issue de ces assises nationales,
Considérant les décisions, positions et actions formulées par le Gouvernement à la suite des manifestations populaires du mois de février ;
Prenant acte des opinions et analyses exprimées par les forces politiques et les différents acteurs économiques et sociaux ;
Rappelant au souvenir de l’Opinion Nationale et Internationale la pertinence des termes de la déclaration des leaders jeunes réunis à Douala le 17 février dernier, soit une semaine avant le début des émeutes ;
Les jeunes réunis à Yaoundé dans le cadre des premières assises nationales de
A l’attention du Chef de l’Etat et du Gouvernement,
Les jeunes,
§ Apprécient le fait que le Chef de l’Etat, lors de son intervention en Conseil des Ministres du 07 Mars 2008, ait reconnu que les émeutes de Février ont prospéré en raison de graves déficits de l’action gouvernementale en terme de réponses diligentes et efficaces aux revendications légitimes de la population et en l’occurrence des jeunes, frappés par les affres de la pauvreté de masse.
§ Indiquent que cette reconnaissance doit s’accompagner de sanctions visant ceux des responsables dont les manquements ont entraîné le pourrissement du climat social.
§ Invitent le chef de l’Etat - après avoir ainsi reconnu l’essoufflement d’une élite politique qui s’est montrée incapable de relever substantiellement le niveau de vie des populations - à tirer les conséquences de cet échec qui s’inscrit dans la longue durée et à créer, pour 2011, dans le respect de lles conditions d’une alternance qui permettrait le rajeunissement de la classe dirigeante.
S’agissant des émeutes en question
Les Jeunes,
§ Constatent que les manifestations ont dérivés en violences dans certaines régions (à l’exemple de Bafoussam ou Douala), en raison de l’usage inapproprié, abusif et aveugle de la violence par les forces de l’ordre qui ont usé de balles réelles pour réprimer des manifestations pacifiques. Les Jeunes condamnent par conséquent cet usage disproportionné et scandaleux de la violence d’Etat, mobilisée contre des civils désarmés – émeutiers, mais citoyens malgré tout - et s’étonnent que la gestion des émeutes urbaines aient pris les allures d’une guerre contre le peuple, au vue de tous les corps de la police, de la gendarmerie, et de l’armée (corps d’élites compris) mobilisés contre les populations, de l’artillerie lourde (canons et chars d’assaut) aperçue dans certaines rues de Yaoundé en cette circonstance, et surtout au vue de la centaine de vies humaines supprimées à travers le pays du fait des tirs sans sommation des forces armées et de l’usage des balles réelles contre les manifestants.
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§ Déplorent les actes spontanés de pillage et de destruction des biens enregistrés lors de ces émeutes, tout en notant que de nombreux exemples dans le monde montrent que de tels débordements, loin d’être une particularité camerounaise sont inhérents à ce type de soulèvement populaire spontané.
§ Dénoncent les conditions de détention, les mauvais traitements et les actes de torture infligés aux milliers de jeunes prévenus, ainsi que la diabolisalisation et la stigmatisation faciles des émeutiers qui ne rendent pas compte de la complexité du problème et ne contribuent pas à la compréhension des causes du mal.
§ Dénoncent tout autant la caporalisation du pouvoir judiciaire par l’Exécutif ; avec pour conséquences des procès expéditifs et commandés, la violation préméditée du droits à la défense, les multiples abus des juges manifestement aux ordres, les pressions sur le barreau aux fins d’empêcher l’exercice équitable de la justice et la violation scandaleuse du code de procédures pénales.
§ Par ailleurs, les jeunes ont du mal à comprendre que le bas peuple et les émeutiers de la faim, victimes de la mal gouvernance en vigueur, soient livrés à la mort ou à la prison sans jugement pour avoir exprimer leur ras-le-bol, alors même que le pillage de la fortune publique, infiniment plus dévastateur et perpétrées depuis des décennies par des criminels à col blanc souvent dissimulées dans le gouvernement ou au parlement, reste globalement impuni, bénéficiant au contraire de la complaisance hypocrite des autorités publiques.
§ Les jeunes remarquent que, à situation de crise comparable au Burkina Faso pendant la même période, il y’a eu deux cents interpellations et à peine vingt neuf (29) condamnations .
§ Les jeunes dénoncent les nombreuses atteintes à la liberté de presse qui ont culminées dans la fermeture de
Les jeunes saluent l’action généreuse et spontanée de nombreux avocats, émus par le sort désespéré de nombreux jeunes prévenus, qui se sont spontanément mobilisés pour défendre le bon droit et
§ Appellent le Barreau à donner la pleine mesure de ses missions et moyens, et à faire montre d’un engagement franc dans la défense des libertés, autant qu’il a su le faire à d’autres époques, en prenant solennellement et résolument le parti de défendre les principes sans lesquels une Justice et une démocratie ne peuvent être authentiques.
§ Les jeunes déplorent par ailleurs la timidité de
Les jeunes réaffirment qu’ils ne sont l’otage de personne. Ils ont certes été trop longtemps otages de la peur d’exprimer leur désaccord et leur refus de la misère, de l’oppression de besoins primaires jamais assouvis et de toutes les tutelles aliénantes qu’entretient une élite toujours en retard sur les exigences sociales et politiques de l’heure. Si les jeunes ont été « manipulés », c’est bien par la faim, la misère et le refus d’une société bloquée et contre laquelle ils s’insurgent pour exprimer leur droit à l’espoir et à un avenir meilleur. Ignorer ce fait ou feindre de l’ignorer serait pratiquer la politique de l’autruche, c'est-à-dire continuer à pratiquer une politique de l’irresponsabilité qui procède par l’esquive, la duplicité, les faux fuyants qui, si on n’y prend garde, acculeraient la société à ne plus envisager que l’entreprise insurrectionnelle comme seule voie du changement.
Les Assises nationales de
Le Gouvernement devrait par ailleurs tirer l’autre grande leçon de cette crise qui est que le peuple, dans son écrasante majorité, considère que la suppression de l’article 6.2 de la constitution constituerait une hypothèque sur l’avenir de
En définitive,
Le Conseil Patriotique et Populaire de
Le Conseil constate que les émeutes de février dernier ont aussi révélé un relatif déficit d’éducation politique chez les jeunes et une absence d’organisation de masse de la jeunesse camerounaise en tant que catégorie et entité sociale et politique ; déficit dû surtout à la clôture du champ du politique par la classe gouvernante et la confiscation de l’initiative politique par les mouvements partisans.
C’est la raison pour laquelle le Conseil Patriotique et Populaire de
Considérant que la peur et la terreur, consécutives aux multiples exactions et bavures des forces de l’ordre, visent surtout à maintenir la jeunesse dans la peur, la résignation et le défaitisme, le Conseil Patriotique et Populaire de
Les jeunes s’engagent enfin à œuvrer pour la création des conditions d’une paix durable et de
Fait à Yaoundé le 16 mars 2008.
Pour les organisations et les délégations provinciales présentes : Adamaoua : ADDEC. Centre : SURCI, ADDEC, FCJ, SOS Jeunesse Libre, CECODEV. Est : FCJ. Extème-Nord : Renaissance des Jeunes, Association des Jeunes solidaires de Zokok. Littoral : APBGPP, ADDEC, UNECA, UNEP, Association des Ben Skinneurs de Douala. Nord : P.A.V., Association des Filles courageuses, Association des Frères Combattants. Ouest : FIDEPE, Sud-Ouest : UBSU.

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