Déclaration à la suite de la grâce présidentielle

Alors que la grâce présidentielle venait comme un espoir pour une réconciliation du peuple camerounais (voire des autorités) avec sa jeunesse meurtrie par le chômage et la misère, les premières libérations nous donnent un arrière goût amer; laissant comprendre et admettre que dire n'est pas faire et que le reste des lois a encore du chemin au Cameroun.
Pour sa part, le COLLECTIF MAIN TENDUE, par la déclaration ci-après entend dénoncer toutes les manoeuvres qui entoureraient l'application de cette grâce présidentielle.

DECLARATION 

Dans le cadre de la mise en oeuvre du décret présidentiel du 20 mai dernier graciant les jeunes condamnés lors des événements de février 2008, les premières libérations ont été effectuées à Douala et à Yaoundé. Ces différentes opérations savamment entourées par la publicité gouvernementale ont suscité un immense sentiment de dépit chez les jeunes qui ont été choqués par le caractère insignifiant des résultats obtenus.   A Yaoundé par exemple, seules 4 personnes  supposées bénéficier de la grâce présidentielle (à peine 1%) ont été libérées lundi 16 juin 2008, alors que les statistiques officielles établissent que la prison centrale de Yaoundé à Kondengui a accueilli à la suite de l’insurrection de février, quelque 400 personnes. Le Collectif Main Tendue constitué pour venir en aide aux personnes arrêtées, à la suite de l’insurrection qui a secoué le Cameroun en février 2008,  

·         Attire donc l’attention de la Communauté Nationale et Internationale sur l’escroquerie politique que constitue cette mesure de grâce qui ne concerne finalement qu’une part infime des condamnés de février. Mais elle pose aussi quelques questions. Le décret présidentiel remettant les peines a-t-il vraiment tenu compte du nombre de condamnés qui vont surcharger inopportunément les prisons camerounaises ? La mesure présidentielle a-t-elle pris en compte les circonstances dans lesquelles les événements de février se sont produits ?

·         Constate que plusieurs prisonniers, retenus pour défaut de paiement des amendes (3000 Frs à 100 000Frs), n’ont malheureusement pas pu recouvrer la liberté ;

·         Regrette que l’attitude du Gouvernement dans ce dossier ait de bout en bout été inspirée par un cynisme et une absence outrageante d’éthique n’ayant pour mobiles que de séduire une communauté internationale complaisante et de manipuler l’opinion;

·         Demande également aux députés à l’Assemblée Nationale, curieusement restés silencieux depuis février, de prendre l’initiative d’une proposition de loi en vue d’amnistier ces jeunes dont l’action a provoqué l’augmentation des salaires des fonctionnaires et remis à l’ordre du jour un certain nombre d’urgences sociales;

·         Invite les leaders civils, religieux et politiques camerounais, à poursuivre le plaidoyer jusqu’à l’amnistie totale des citoyens condamnés.

 Fait à Yaoundé le 17 Juin 2008  

Pour le Collectif  

Dupleix KUENZOB – NGONO Alain – MOUAFO DJONTU – OKALA EBODE – LINJUOM MBOWOU – BATOGNA GNITCHOGNA – Jean Baptiste KETCHATENG



Article ajouté le 2008-08-01 , consulté 97 fois

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